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Les 23 années de gestion de l'administration royale (1767-1790) de l'Ile Maurice furent marquées par une âpre lutte franco-anglaise.
Sur fond de guerre d'Indépendance américaine (1778-1783), les ennemis jurés d'alors se livrent une féroce bataille, sonnante et trébuchante, dans l'Océan Indien. Pour rendre coup pour coup aux Anglais et affaiblir l'adversaire anglais, le Roi de France fait appel à un marin d'exception, le valeureux Suffren à la tête d'un bataillon de 15 000 hommes, pour diriger de main de maître les forces navales françaises dans la zone. En 1773, l'épopée des corsaires comme le mythique corsaire Robert Surcouf va graver dans le marbre historique de l'Ile Maurice, ses plus belles pages et les butins qu'ils engrangèrent, firent de Port-Louis une cité commerciale, prospère et riche avec 41 000 habitants au compteur. Pourtant et malgré cela et les grandes victoires de Suffren, la France vit s'effondrer un à un ses nombreux établissements implantés en Inde.
Ses comptoirs définitivement perdus en 1789, Port-Louis devient chef-lieu des établissements français à l'est du Cap de Bonne-Espérance et est titré de sa devise actuelle : " Stella clavisque maris indicis ", autrement dit, " L'Etoile est la clef de la mer des Indes ". La nouvelle fracassante de la Révolution française de 1789 n'arriva sur l'île qu'une année après, dans une joyeuse atmosphère. Le lys a été remplacé par les trois couleurs de La République. Et quand la Convention en 1794 décide d'abolir l'esclavage, la résistance des esclavagistes est forte dans la colonie.
Bonaparte au pouvoir abroge, purement et simplement la mesure tant décriée et envoie sur place le général Decaen avec le titre de gouverneur.
Mais la situation se tend à nouveau avec les Anglais, et la guerre maritime repart de plus belle. Les escarmouches navales se multiplient et Robert Surcouf repart à l'abordage avec près de 47 prises durant cette période tumultueuse. L'autoritarisme militaire de Decaen envers ses alliés corsaires auront raison de leur ralliement et nombreux sont ceux qui prendront le large, écœurés des coups de sang répétés du général Decaen à leur encontre.
Désertés par leurs protecteurs battants pavillon " corsaires ", les Anglais ne feront plus alors qu'une bouchée des défenses fragilisées de l'île, en lançant l'assaut final en 1810, et ce au troisième coup de boutoir non loin du Cap Malheureux.
Sir John Abercombie, à la tête de 70 navires et quelques 10 000 hommes, au contingent anglais et indien, poussent un Decaen impuissant, à signer hâtivement la reddition.
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