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L'Ile Maurice fut ensuite annexée en 1715 par le Royaume de France sous l'égide de Guillaume Dufresne d'Arsel et rebaptisée sous la dénomination francisée d'Isle de France.
En 1719, la Compagnie des Indes voit le jour. Le roi Louis XIV lui cède, en effet, l'Isle de France.
En 1722, un contingent composé de soldats, colons, esclaves, femmes et enfants débarque à l'Ile Maurice pour occuper les lieux et protéger l'île contre une possible invasion anglaise. A cette époque, l'Ile Maurice, comptait alors pas moins de 3 000 habitants, dont 1448 esclaves répertoriés.
En 1735, c'est un véritable tournant historique pour l'Ile Maurice, l'arrivée du gouverneur général de Bourbon et de l'Isle de France, François Mahé de Labourdonnais amorce, tambour battant, le début des premières sucreries et fait du port un axe central, ouvert sur le monde maritime qui l'entoure. Sa volonté affichée est de faire de l'Isle de France, le carrefour maritime incontournable sur la route épicée des Indes.
Sous sa coupe, l'Isle de France va déployer ses ailes au niveau économique, structurel et social et rayonner de mille feux dans tout l'Océan Indien. La ville de Port-Louis, désormais chef-lieu de l'île, subit un lifting de fond en comble, avec l'application d'un plan d'urbanisme en damier strict et rigoureux. Le visionnaire et entreprenant gouverneur mise également sur l'agriculture, en donnant de fertiles concessions aux nouveaux migrants.
François Mahé de Labourdonnais améliore, de façon conséquente, le réseau routier permettant l'acheminement vers Port-Louis, de denrées d'importance, comme le riz, le blé, les haricots, le maïs et l'avoine produits localement. Des familles bretonnes, Normandes, des travailleurs de l'Ile Bourbon, des Indiens libres, tailleurs de pierre, ouvriers du bâtiment, ébénistes, charpentiers de marine, commerçants, tailleurs, bijoutiers, cordonniers participent activement à ce peuplement à grande échelle. La main d'œuvre servile utilisée également sur place est soumise à l'infâme Code noir des Antilles datant de 1685 et amendé pour l'occasion en 1723, pour les esclaves de l'Océan Indien. En 1746, on dénombre plus de 18 000 personnes, dont 3 000 colons, 15 000 esclaves et 600 Noirs libres, esclaves affranchis ou immigrants indiens.
Jalousé par tant d'ingéniosité architecturale et de probants résultats sur le terrain économique, le gouverneur François Mahé de Labourdonnais, après avoir fait capituler le plus grand comptoir anglais aux Indes, en l'occurrence Madras en 1746, est remercié par Dupleix, haut fonctionnaire de la Compagnie, gérant les établissements français aux Indes, et ce, au seul motif de trahison! Emprisonné en 1747 à la Bastille puis acquitté quatre ans plus tard, François Mahé de Labourdonnais, ne se remettra jamais de cette longue incarcération.
Il rend l'âme à Paris en 1753. En quelques années, grâce à François Mahé de Labourdonnais, l'Ile Maurice, auparavant en friche et quasi déserte, va surfer sur la vague d'une prospérité nouvelle et devenir une des plus rentables colonies du royaume de France. Quatre successeurs généraux (Pierre Barthélémy David, Lozier-Bouvet, Magon, Desforges-Boucher) vont ensuite débarquer à l'Isle de France pour mener à bien les affaires de la colonie, sans pour autant avoir l'étoffe de son illustre prédécesseur François Mahé de Labourdonnais. Toutefois malgré l'arrivée de nouveaux migrants et l'accroissement des esclaves issus de la traite, l'Isle de France ne décolle pas financièrement.
Les conflits européens trouvent dans l'Océan Indien une caisse de résonnance des affrontements coloniaux de l'Hexagone et tout le développement économique de l'Isle de France est tourné à consentir à l'effort de guerre. La Compagnie des Indes acculée à la faillite, le roi Louis XV en août 1764 prend la décision de redonner les rênes de l'île à la Marine.
Ce n'est que le 14 juillet 1767 que les premiers administrateurs royaux posent enfin leurs valises. Parmi eux, Pierre Poivre, le philosophe laissera une trace indélébile dans le patrimoine botanique mauricien. Ses connaissances poussées en naturalisme le poussent à développer la culture des épices dans son propre jardin de Pamplemousses, qui est toujours actuellement l'emplacement du Jardin botanique. Mais cette tentative de mise en valeur de la culture des épices fut vouée à l'échec. Pierre Poivre va introduire sur l'île le muscadier, le giroflier, le poivrier et le cannelier.
Pierre Poivre participa aussi à une vaste politique de réaménagement des infrastructures de l'île.
En près d'un siècle, la moitié de la forêt est touchée de plein fouet.
Les cultures vivrières et céréalières ainsi que les cultures d'exportation, coton, indigo, canne à sucre sortent réellement de l'ombre.
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