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Après 95 ans d'occupation française, c'est au tour de Robert Townsend Farquhar de diriger l'île. Dès sa prise de fonction, le nouveau gouverneur en place, débaptise l'ancienne colonie française et lui donne le nom définitif de Mauritius.
Sous la domination anglaise, l'Ile Maurice va goûter aux joies d'une croissance maritime et d'une prospérité commerciale grandissante.
Les cannes à sucre sont plantées en grand nombre sur le territoire mauricien et en un quart de siècle, la production avoisine les 100 000 tonnes.
250 sucreries contribuent à cet essor grandissant au milieu du 19ème siècle.
A cette période malgré l'interdiction de la traite, actée par le Parlement britannique en 1807, de nouveaux migrants en provenance d'Afrique et de Madagascar débarquent en masse sur l'Ile Maurice, avec un " statut latent " d'esclaves.
De 1809 à 1817, le nombre de ces travailleurs acharnés considérés comme de la pure marchandise par leurs propriétaires, va passer d'un peu plus de 59 000 esclaves à près de 80 000 esclaves.
Une véritable traite clandestine dans la forme et le fond voit dès lors le jour, sous l'œil cela dit bienveillant de Robert Townsend Farquhar car abolir la traite était certes un moindre mal, mais rendre impossible l'esclavage de fait, ferait à coup sûr vaciller l'ordre économique établi depuis plusieurs générations par les autorités en place qui se sont succédé. Ce mode de fonctionnement détourné reste en vigueur sur l'île jusqu'en 1824. En 1835 la couronne britannique, mise à mal par une opinion publique demandeuse d'une vraie humanité pour tous les sujets de son vaste empire, renonce enfin à ce système servile odieux et décide d'abolir du même coup l'esclavage.
William Nicolay, le gouverneur de l'île émancipe 66 000 esclaves le 1er février 1835, avec obligation toutefois pour les nouveaux heureux affranchis de travailler jusqu'en 1839 sur les terres de leurs anciens propriétaires, indemnisés au passage 69 livres sterling par tête d'esclave affranchi. La plupart d'entre eux regagnèrent ensuite les faubourgs nord et sud de la capitale Port-Louis, pour exercer les métiers de docker et ouvriers.
Pour remplacer cette main-d'œuvre dévouée corps et âme et sous le joug autoritaire de maîtres colons, l'Ile Maurice va voir affluer sur ses rivages des milliers de coolies, Indiens laboureurs. Payés une misère pour des pénibles travaux dans les champs de canne à sucre, une grandeur labeur physique s'abattait donc sur leurs épaules dans une chaleur étouffante.
L'engagisme venait bel et bien de naître à l'Ile Maurice. 500.000 travailleurs engagés indiens venant en grande majorité de Bihar, Bombay, Calcutta ainsi que de Madras suivront ce long trajet en terre inconnue, avec l'unique espérance d'être rémunérés cinq roupies par mois, et ce, pour un contrat variant de 3 à 5 ans.
L' Aapravasi Ghat de Port-Louis retrace ainsi un des pans majeurs de l'histoire mauricienne. Les " barons du sucre " vont connaître alors une croissance exponentielle de leurs terres exploitées et leurs activités commerciales créent des fortunes colossales sur l'île.
Ce sont ces hommes et ces femmes, engagés travailleurs indiens qui sont aujourd'hui les ancêtres des deux tiers de la population actuelle et qui ont su, à la sueur de leur front, se créer un nouvel avenir.
Malgré des conditions difficiles de travail et une condition quasi similaire aux anciens esclaves, une très faible partie de ces nouveaux migrants arrivant au terme de leur engagement initial repartent vers leurs pays natal.
Cette immigration massive va donc profondément modifier l'édifice démographique culturel, et sociétal de l'Ile Maurice.
Dans la deuxième moitié du 19ème siècle, une nouvelle vague d'immigration d'origine chinoise va apparaître. En 1850, on recense 620 Chinois. En 1901, cette communauté se chiffre à près de 3 500 individus et qui va pénétrer avec une grande réussite le commerce de détail sur l'île.
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