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Les marches sur le feu à l'Ile Maurice revêtent incontestablement un caractère populaire gravé de mille émotions à vivre intensément entre décembre et février de chaque année dans un pays confetti viscéralement ancré à s'abreuver des effluves divins dispersés ça-et-là au cours de ces longues processions colorées discontinues qui s'étalent bien souvent à perte de vue au cœur de l'Ile Maurice profonde.
Les ablutions rituelles au bord de l'eau ouvrent la cérémonie.
Puis pieds nus à même un bitume en surchauffe naturelle, des longues aiguilles parsemées partout sur des corps en quête de piété spirituelle, des milliers de dévots tamouls offrent ainsi à la divinité une parcelle de leur foi insulaire débonnaire exemplaire, décriée au rythme lancinant des tambours sacrés qui guident les fidèles vers un sacrifice exemplaire à même leur chair offrande.
Le franchissement nu pied par des centaines de pénitents d'un brasier de cendres à plus de mille degrés d'une trentaine de mètres, en guise de simple tapis d'oraison sacrée et rougeoyant, véhicule des moments magiques où le divin invisible s'évertue à ébranler la rationalité terrestre.
Ainsi, la ferveur religieuse tamoule magnifiée de ce territoire arc-en-ciel adorateur à outrance du panthéon de divinités hindouistes se met en branle à l'Ile Maurice, et ce, pour côtoyer intimement à fleur de peau les sempiternels mystères d'une mise à l'épreuve initiatique originelle où le feu brûlant, symbole de pureté, défie la foi inébranlable des pénitents en leurs divinités souveraines.
Les marcheurs, sous la houlette du prêtre officiant, se sont aussi, pendant plusieurs jours, purifiés par le carême et une abstinence sans faille, tout en s'imprégnant en parallèle d'éléments mythologiques liés à leur acte de dévotion sacrificielle hors du commun.
Les pénitents s'offrent dès lors au divin sans peur et réticences le brasier avant de plonger les pieds dans un petit bassin de lait.
Et quand le sacrifice marque sans blessures leur peau mise à nu, l'émotion atteint un paroxysme spirituel d'une rare intensité.
Selon la légende immémoriale en provenance de la nuit des temps, le père de Pandialé impose par avance une épreuve, pour départager les prétendants de sa fille.
Et, seul Arjuna réussit promptement à atteindre d'une seule flèche une cible placée au sommet d'une perche, en ne regardant que le reflet de l'objectif dans l'eau au pied du mât.
De retour dans ses pénates, sa mère l'exhorte à partager son présent avec les quatre membres masculins de sa fratrie, sans même savoir en fait qu'il s'agit d'une femme.
Obéissant d'emblée à la seule volonté maternelle, Arjuna accepte et cède sa promise à tour de rôle à chacun de ses frères. La femme déifiée reste toutefois chaste. Selon le Mahâbhârata, pour prouver sa chasteté au moment fatidique de retrouver son époux, Pandialé traverse un brasier rougeoyant, sans même se brûler.
Ce rite ancestral, haut en couleur, attire dans son sillage des milliers de touristes à l'Ile Maurice éberlués et épris de sensations fortes.
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